Visite du Hollywood Museum

Que trouve-t-on au Hollywood Museum ?

Plus de 11 000 costumes, accessoires, photographies, scripts et artefacts sont exposés au Hollywood Museum. Il s’agit pour la majeure partie d’originaux issus de productions hollywoodiennes, mais on y trouve aussi quelques répliques. Les collections sont souvent mises à jour, en fonction des ventes aux enchères et successions en cours. Les expositions (deux sont temporaires et deux sont permanentes) sont réparties sur quatre étages.

Durée de la visite

Je dirais entre 2 et 3 heures. Il y a énormément de choses à lire, à voir et même à regarder attentivement. La quantité d’objets amassés dans ce musée au cours des années est impressionnante !

Prix de la visite

Adultes – $15
Étudiants – $12
+65 ans – $12
-5 ans – $5

Horaires du musée

Du mercredi au dimanche – De 10h a 17h
Fermé les lundis et mardis

Un peu d’histoire

Le 26 novembre 1935, le Max Factor Make-Up Studio ouvre ses portes en organisant une cérémonie digne d’une avant-première hollywoodienne.

À cette occasion, 3 500 invitations A4, personnalisées, scellées dans du cellophane doré et ornées d’un cordon bleu à pompon, sont livrées par des coursiers de Western Union.

Le jour de l’ouverture, les projecteurs illuminent le bâtiment et le ciel pendant qu’une foule immense se masse devant l’entrée, attendant l’arrivée du gratin hollywoodien. Un chapiteau géant, s’étend de la porte jusqu’à la rue. C’est le producteur américain Sid Grauman (fondateur du Chinese Theater et du Egyptian Theater) qui officie en tant que maître de cérémonie. 

La légende hollywoodienne raconte que Max Factor avait installé un bar complet à chaque étage du building, et même dans l’ascenseur. Le hasard a voulu que le jour des élections de novembre 1935 coïncide avec sa soirée d’ouverture. Tous les bars étant fermés, le gratin et les célébrités n’avaient d’autre choix que de se rendre dans l’établissement de Max Factor pour consommer de l’alcool. À deux heures du matin, lorsque la soirée s’est enfin terminée, plus de 10 000 personnes avaient assisté à la cérémonie.

Ce soir-là, un rouleau de parchemin a été signé par les invités à leur arrivée. Il demeure à ce jour le document le plus complet de signatures de célébrités de cette époque.


Il s’agit de mon musée préféré de Los Angeles, le seul à côté duquel vous ne pouvez pas passer si vous visitez la ville et qui fait d’Hollywood Blvd. un lieu si intéressant. Si vous êtes amateur de cinéma et de séries télévisées, je vous garantis qu’il en sera de même pour vous ! Je vais volontairement vous donner beaucoup d’informations détaillées dans cet article parce que je trouve l’histoire d’Hollywood, des acteurs et des films passionnante, mais si vous ne voulez pas être spoilés avant une éventuelle visite, passez brièvement mes explications.


Max Factor & l’âge d’or du cinéma hollywoodien (Rez-de-chaussée)

Au rez-de-chaussée, on trouve notamment les Make-up rooms (la recréation à l’identique des anciennes loges de maquillage Max Factor). À chaque couleur de cheveux, sa make-up room. Je pense que je pourrais passer des heures rien qu’à cet étage tellement il y a à explorer.

La théorie du makeup de Max Factor était basée sur l’Harmonie des couleurs. Les combinaisons de couleurs de teint, de cheveux et d’yeux étaient mises en valeur de manière optimale par un maquillage prescrit en harmonie avec ces mêmes couleurs. Max Factor insistait aussi sur le fait que la teinte de chaque produit de makeup utilisé devait compléter précisément et artistiquement la teinte de tous les autres produits nécessaires. Le principe d’Harmonie des couleurs garantissait des effets et des résultats de maquillage plus parfaits et prévisibles pour les acteurs.

Salon pour les blondes

L’icône de beauté de Max Factor, la blonde incendiaire Jean Harlow, a officiellement inauguré le salon For Blondes Only. C’est la toute première blonde platine que Max Factor a créée. Pour autant, la pièce est remplie de photos, d’accessoires et de tenues ayant appartenu à Marilyn Monroe, car il faut le reconnaitre, s’il y a une blonde qui a marqué les esprits à Hollywood, c’est bien elle !

Marilyn Monroe

Des photos d’enfance montrent que Marilyn Monroe est née blonde, mais que dès le début de son adolescence, ses cheveux ont foncé et sont devenus châtain.

Tout au long des années 1940, elle cherche son style, elle éclaircit ses cheveux de différentes nuances de brun clair jusqu’au blond foncé. En 1950, Max Factor trouve le look parfait pour elle : le blond platine.

« Jean Harlow etait mon idole. C’était mon actrice préférée. »

Marilyn Monroe

Le blond platine est devenu synonyme de Marilyn Monroe. Cependant, Max Factor se rend vite compte que la couleur de son teint révèle le fait que sa nouvelle couleur de cheveux n’est pas sa couleur naturelle. Pour ne rien arranger, la caméra, avec son film Technicolor, est impitoyable ; son objectif capte tout. Dans cette pièce aux teintes bleutées, For Blondes Only, Max Factor crée le nouveau teint de Marilyn Monroe, et lui donne l’apparence d’une blonde platine naturelle.

Certificat de décès de Marilyn Monroe

Salon pour les brunes

Un salon rose poudré est spécialement conçu For Brunettes Only. Il est inauguré par l’actrice Claudette Colbert. Elle est la première actrice d’origine française à avoir reçu l’Oscar de la meilleure actrice en 1935.

Loretta Young

Loretta Young est l’une des stars les plus glamour de l’âge d’or d’Hollywood. Au cours de sa carrière, elle a joué dans 98 films et a même animé sa propre émission de télévision, The Loretta Young Show, au tout début de l’ère de la télévision. Elle était respectée pour son incroyable longévité et son habileté à obtenir ce qu’elle voulait au sein des studios.

Elle a commencé sa carrière au cinéma à l’âge de quatre ans, en 1917, dans le film The Primrose Ring. A 15 ans, en 1928 elle obtient son premier rôle principal. Lon Chaney la choisit alors pour jouer à ses côtés dans Laugh, Clown, Laugh. Dotée d’une voix mélodieuse et d’une beauté éthérée, Loretta Young fait facilement la transition du cinéma muet au cinéma parlant. Elle travaille sans relâche tout au long des années 1920 et 1930, pendant la période pré-Code (une ère brève mais audacieuse où les films explorent librement des thèmes interdits : sexe, violence, criminalité, drogues, car le Code de censure morale, Hays Code, existe mais n’est pas encore strictement appliqué) et durant l’âge d’or du cinéma muet.

Les films pré-Code présentent Loretta comme une femme à la fois forte et sensuelle. Durant cette période, on ne se retenait pas… Elle était dépeinte comme une femme sauvage et provocante.

« Ces premiers films révèlent que Loretta Young est devenue une star grâce à sa beauté, son sex-appeal indéniable et son talent, qui lui permettaient de travailler avec les plus grands et de se donner à fond dans ses rôles. »

Christopher et Linda Lewis, fils et belle-fille de Loretta Young

À la fin des années 1930, elle devient une star de cinéma de premier plan et apparaît dans de nombreux films parmi les plus célèbres de l’époque. 

Nombre de ses films les plus mémorables datent des années 1940, et elle remporte même un Oscar en 1947. Son dernier long métrage, It Happens Every Thursday, date de 1953. La même année, le 30 septembre, elle fait ses débuts sur NBC dans la série hebdomadaire qu’elle a co-créée avec son mari, Tom Lewis : The Loretta Young Show.

Elle remporte trois Emmy Awards de la meilleure actrice (en 1954, 1956 et 1959) et sort de sa retraite en 1987 pour remporter deux Golden Globes pour ses performances dans Christmas Eve (1986) et Lady in a Corner (1989). Elle prête même sa voix à des documentaires en 1994, à l’âge de 81 ans.

Loretta Young restera actrice pendant 77 ans, un record !

The Max Factor Beauty Calibration Machine

En 1932, Max Factor imagine une machine ingénieuse alliant phrénologie, cosmétiques et analyse pseudo-scientifique des imperfections physiques féminines. Le Beauty Calibrator permet aux maquilleurs hollywoodiens de localiser précisément les corrections nécessaires à apporter au visage des actrices. Cette machine, également connue dans le milieu sous le nom de Beauty Micrometer, révèle que le visage parfait naturel est un mythe.

« Des imperfections presque invisibles à l’œil nu se transforment en distorsions flagrantes lorsqu’elles sont projetées à l’écran en images fortement agrandies… L’appareil, ressemblant vaguement à un masque de baseball, se place sur la tête et le visage grâce à des bandes métalliques flexibles qui épousent parfaitement les contours. Ces bandes sont maintenues en place par des vis de réglage, permettant 325 ajustements possibles. Si, par exemple, le nez du sujet est légèrement dévié (si légèrement, en fait, que cela passe inaperçu), l’instrument détecte immédiatement le défaut et un maquillage correctif est appliqué par un maquilleur expérimenté. »

Max Factor Cosmetics Co., 1932

Salon pour les châtain

C’est Rochelle Hudson, surtout connue pour interpréter la fille de Claudette Colbert dans Imitation of Life (1934), qui coupe le ruban du salon couleur pêche For Brownettes Only. Dans le lexique de Max Factor, brownette désigne les cheveux châtain clair. Pour lui, la plupart des brunes sont en réalité des châtains.

Cette broche, portée par Marlene Dietrich dans Destry Rides Again (Universal, 1939), est vendue aux enchères en 2017, et mise à disposition pour cette exposition par son acquéreur, Taz Saunders. Elle a également été portée par Anita Louise dans Going Places (Cosmopolitan, 1938), Ida Lupino dans They Drive By Night (Warner Bros., 1940), Stella Adler dans Shadow of the Thin Man (MGM, 1941) et Eleanor Powell dans Lady Be Good (MGM, 1940).

Marlene Dietrich porte ce collier de diamants et de perles dans Seven Sinners (Universal, 1940). Il est présenté ici sur un portrait de Bette Davis.

Lana Turner

« La célébrité est une chose, la notoriété en est une autre. »

Lana Turner

Au cours de sa carrière de près de cinquante ans, Lana Turner brille à la fois comme mannequin et comme actrice.

Elle est découverte en 1936 au Top Hat Malt Shop à Hollywood, en Californie. À 16 ans, elle signe un contrat avec les studios Warner Bros., sous la direction de Mervyn LeRoy, qui l’emmène avec lui lorsqu’il rejoint la Metro-Goldwyn-Mayer en 1938. Lana Turner se fait remarquer dès son premier film, They Won’t Forget (1937), et obtient par la suite des rôles importants, souvent ceux de jeune première.

En 1939, Max Factor décide de teindre les cheveux auburn de Lana Turner en blond. Elle conservera ce blond jusqu’à la fin de sa vie, même si sa couleur de cheveux sera à nouveau modifiée pour certains rôles.

Au début des années 1940, Lana Turner s’impose comme une actrice de premier plan dans des films tels que Johnny Eager (1941), Honky Tonk (1941), Ziegfeld Girl (1941), Somewhere I’ll Find You (1942) et Marriage is a Private Affair (1944).

« Je préférerais perdre une belle boucle d’oreille plutôt que d’être surprise sans maquillage. »

Lana Turner

Sa réputation de femme fatale glamour est renforcée par sa performance dans le film noir The Postman Always Rings Twice (1946). Sa popularité se maintient tout au long des années 1950 avec des films tels que The Bad and the Beautiful (1952) et Peyton Place (1957), pour lequel elle est nommée à l’Oscar de la meilleure actrice.

Une controverse médiatique entoure Lana Turner en 1958, lors d’une dispute conjugale à leur domicile de Beverly Hills, sa fille Cheryl Crane, âgée de 14 ans, poignarde à mort l’amant de sa mère, Johnny Stompanato (un mafieux bien connu à l’époque). Le tribunal a donné raison à Cheryl et le meurtre a été qualifié d’homicide involontaire. Cheryl est alors considérée comme ayant agi en légitime défense, dans le but de protéger sa mère.

Le film Imitation of Life (1959) est l’un des plus grands succès financiers de sa carrière, qui ralentit ensuite jusqu’en 1982, année où elle accepte un rôle récurrent très médiatisé et lucratif dans la série populaire Falcon Crest. Sa présence contribue au succès record de la série.

Le 8 février 1960, Lana Turner reçoit son étoile sur le Hollywood Walk of Fame (6241 Hollywood Blvd.). Son étoile se trouve entre celles de Kirk Douglas, Milton Berle, Gary Cooper, Edward G. Robinson et Bette Davis.

La costumière en chef du département des costumes de la Metro-Goldwyn-Mayer, Irene, crée cette robe spectaculaire pour Lana Turner, pour une scène mémorable du film Marriage is a Private Affair (1944). La qualité de la confection est extraordinaire : la robe est faite à la main afin de mettre en valeur la taille fine de l’actrice grâce à un corsage ajusté et une jupe ample. Cette robe connait un tel succès auprès des femmes qui ont vu le film que la MGM autorise la reproduction du modèle d’Irene, avec quelques modifications. Les robes ont été vendues en exclusivité dans la boutique de prêt-à-porter de luxe Bullocks Wilshire à Los Angeles. Elles sont rapidement en rupture de stock et sont présentes à presque toutes les soirées chics du milieu à la fin des années 1940.

Salon pour les rousses

Ginger Rogers a inauguré le salon vert pâle For Redheads Only. La chroniqueuse Hedda Hopper a dit plus tard que Ginger Rogers avait connu le succès grâce à sa couleur de cheveux. Depuis, sa couleur de cheveux a changé aussi souvent que le temps en Californie.

Lucille Ball & Desi Arnaz

Max Factor Jr. ayant travaillé en étroite collaboration avec Lucille Ball sur sa série I Love Lucy, le salon For Redheads Only lui est principalement dédié.

À partir de l’âge de quatre ans, après le décès de son père et la nécessité pour sa mère d’exercer plusieurs emplois, Lucille Ball est principalement élevée par ses grands-parents. Durant son adolescence, elle tente sans succès de percer dans le monde du spectacle. Elle entre dans une école d’art dramatique à New York, mais est renvoyée chez elle pour timidité excessive, tandis que sa camarade Bette Davis est acclamée. Elle travaille ensuite comme mannequin pour Hattie Carnegie et, en 1933, est choisie comme esclave pour apparaître dans le film Roman Scandals. Elle signe un contrat avec la RKO et obtient plusieurs petits rôles, dont un dans Top Hat (1935). Elle obtient finalement des rôles principaux dans des films de série B et, occasionnellement, dans des films de série A, comme Stage Door (1937).

En 1935, Lucille signe son premier contrat publicitaire avec Max Factor, puis un second en 1942. De toutes les stars, c’est elle qui eut la plus longue collaboration avec la société Factor.

Pendant le tournage de Too Many Girls (1940), elle rencontre Desi Arnaz, un jeune acteur et musicien cubain, dont elle tombe éperdument amoureuse. Desi Arnaz est engagé pour la pièce de Broadway Too Many Girls, ce qui l’amène à Hollywood pour tourner son adaptation cinématographique. Malgré leurs différences de personnalité, de mode de vie, de religion et d’âge (il a six ans de moins qu’elle), il tombe lui aussi sous son charme. Après une romance passionnée, ils s’enfuient et se marient en novembre 1940. Une dizaine d’années plus tard, ils fondent Desilu Productions, où ils lancent la série I Love Lucy (1951). Lucille Ball rejoint ensuite la MGM, où elle obtient de meilleurs rôles dans des films comme Du Barry Was a Lady (1943), Best Foot Forward (1943) et Without Love (avec Spencer Tracy et Katharine Hepburn, en 1945). En 1948, elle décroche le rôle principal dans la comédie radiophonique My Favorite Husband, où elle incarne l’épouse étourdie d’un banquier du Midwest. En 1950, CBS lui propose d’en faire une série télévisée. Après avoir convaincu la direction de la chaîne de laisser Desi Arnaz jouer son mari et de leur céder les droits et le contrôle créatif de la série, elle commence à travailler sur I Love Lucy, une série au succès retentissant qui lui vaut deux Emmy Awards.

Desi Arnaz et Lucille Ball ont deux enfants, Lucie Arnaz et Desi Arnaz. À la fin de la diffusion de I Love Lucy (ainsi que celle de sa suite Lucy and Desi Comedy Hour), ils divorcent. Après son divorce, en 1960, elle dirige seule le studio jusqu’à sa vente à Paramount en 1968. Elle continue également à travailler sur sa propre sitcom, sous différentes formes, pendant douze ans, ce qui lui vaut deux autres Emmy Awards.

Desi Arnaz invente de nombreuses techniques qui sont désormais considérées comme ancrées dans la tradition des sitcoms, notamment l’utilisation de plusieurs caméras pour filmer une séquence, la présence d’un public live et d’un chauffeur de salle avant les performances et la rediffusion d’anciens épisodes.

« Le secret de la jeunesse éternelle, c’est de vivre honnêtement, de manger lentement et de mentir sur son âge. »

Lucille Ball


Le reste du rez-de-chaussée est consacré aux fondateurs et aux grands films d’Hollywood.

L’histoire du panneau Hollywoodland

Avant de devenir la capitale mondiale du divertissement, Hollywood ressemble à d’autres régions de l’Ouest américain : des terres peuplées par les fermiers, les cow-boys, les bandits ou encore vierges de toute civilisation. C’est ce que l’on trouve principalement au nord de Sunset Blvd. Ces terres sont alors considérées comme impropres à toute autre utilisation que le pâturage. Mais, avec l’afflux croissant d’habitants de l’Est attirés par un climat doux, sec et ensoleillé toute l’année, l’activité principale de la région, l’immobilier, connait rapidement un essor fulgurant.

À la fin du XIXᵉ siècle, Hollywood ressemble déjà à une ville à part entière. Grâce à Daeida Wilcox, elle reçoit également un nom. En 1887, Daeida, épouse du fondateur de la ville, Harvey Wilcox, rencontre une femme lors d’un voyage en train qui lui parle d’Hollywood, sa résidence d’été en Floride. Elle est tellement séduite par ce nom qu’elle le suggère à son mari.

Hollywood reste calme jusqu’en 1907, où le mauvais temps pousse une petite société de production cinématographique de Chicago à voyager vers l’ouest pour terminer un tournage. Ils sont rapidement suivis par un studio bien plus important : la Nestor Film Company, qui produit trois films par semaine. Dès 1912, la réputation d’Hollywood comme lieu de tournage idéal se répand, et des studios indépendants tournent un peu partout dans la ville. De vieilles granges sont transformées en studios de tournage, et la période calme d’Hollywood se termine. Cependant, ce n’est pas seulement le soleil qui motive l’exode rural vers Hollywood. En 1897, Thomas Edison, l’inventeur et magnat du cinéma, commence à poursuivre en justice les producteurs concurrents qui utilisent des appareils de projection cinématographique basés (selon lui) sur sa technologie Kinétoscope. Ces producteurs fuient alors le New Jersey (siège de la Edison Company et capitale historique du cinéma) d’abord pour Cuba, puis pour la Californie.

Dès 1915, l’Amérique est officiellement en proie à la folie du cinéma, et Hollywood prend forme pour devenir le paysage glamour, parfois surréaliste, que nous connaissons aujourd’hui. L’essor du cinéma donne également naissance aux restaurants et nightclubs chics d’Hollywood Blvd. et Sunset Blvd. D’immenses cinémas complètent l’emblématique paysage hollywoodien.

Hollywood, qui représente désormais non seulement une ville, mais aussi une industrie, un style de vie et une aspiration, est officiellement couronnée lorsque le panneau Hollywoodland est érigé en 1923. Construit par Harry Chandler, éditeur du Los Angeles Times, comme un panneau publicitaire (de $21 000) pour son projet immobilier haut de gamme Hollywoodland, le panneau devient rapidement l’enseigne géante de la ville. 

Le panneau publicitaire est gigantesque. Chacune des 13 lettres d’origine mesure 9 mètres de large et environ 13 mètres de haut. Elles sont construites à partir de carrés métalliques de 90 cm sur 2,70 m, assemblés par une structure complexe d’échafaudages, de tuyaux, de câbles et de poteaux téléphoniques. Tous ces matériaux sont hissés jusqu’au sommet du Mt. Lee par des ouvriers via de simples chemins de terre. La nuit, le panneau clignote, d’abord « Holly », puis « wood » et enfin « land ». L’effet est spectaculaire. En 1949, la Chambre de commerce d’Hollywood intervient pour retirer les quatre dernières lettres (LAND). À la fin des années 1970, elle décide que l’enseigne nécessite une reconstruction complète, pour un coût estimé à $250 000. Quelques-unes des plus grandes stars du showbiz viennent alors à la rescousse. En 1977, Fleetwood Mac propose un concert caritatif afin de récolter des fonds, mais les riverains s’y opposent. L’année suivante, Hugh Hefner organise un gala de bienfaisance au manoir Playboy, pendant lequel les lettres du sign sont vendues aux enchères à $27 700 pièce. Alice Cooper achète un « O» (en hommage à Groucho Marx), Gene Autry parraine un « L » et Andy Williams le « W ». Grâce à l’aide de ces donateurs (et bien d’autres), l’enseigne est prête pour sa rénovation. L’ancien Sign est démoli en août 1978 et, pendant trois longs mois, Hollywood reste sans son célèbre panneau. 194 tonnes de béton, d’émail et d’acier sont utilisées pour faire renaître le Hollywood Sign, prêt pour un nouveau millénaire.

Conçu initialement pour rester un an et demi seulement, le Hollywood Sign a traversé plus de huit décennies.

Peg Entwistle

Peg Entwistle nait dans une famille d’acteurs à Port Talbot, au Pays de Galles. Fille de parents anglais, elle grandit à Londres, puis déménage à New York avec son père à l’âge de huit ans. À dix-huit ans, elle se destine à une carrière dans le spectacle et étudie l’art dramatique à Boston.

En 1925, alors que son oncle, Harold Entwistle, est l’agent de Charles Hampden, l’un des acteurs shakespeariens les plus renommés de l’époque, il lui obtient un petit rôle dans une production d’Hamlet à Broadway. Grâce à cela, sa carrière d’école. Pendant les années qui suivent, elle travaille régulièrement à Broadway. Elle joue dans une dizaine de productions, dont Tommy (1927), et partage l’affiche avec Laurette Taylor, George M. Cohan ou encore Dorothy Gish. Cependant, plusieurs des pièces dans lesquelles elle joue s’arrêtèrent rapidement.

En 1931, elle part pour Los Angeles. Elle constate alors que la concurrence est féroce et les rôles rares. En 1932, elle décroche son premier grand rôle au cinéma, dans Thirteen Women, un thriller de David O. Selznick produit par RKO, avec Irene Dunne et Myrna Loy. Peg Entwistle y tient un rôle important, mais une grande partie de ses scènes sont coupées au montage. Anéantie, elle considère sa carrière comme un échec.

Le soir du vendredi 16 septembre 1932, Peg quitte la maison de son oncle, où elle habite. Elle remonte péniblement les sentiers sinueux du canyon qui mènent au pied du panneau Hollywoodland. Elle grimpe ensuite à l’aide d’une échelle jusqu’au sommet du « H » et saute sur les rochers en contrebas.

Quelques jours plus tard, une randonneuse qui marche dans le Hollywood’s Beachwood Canyon, trouve une chaussure de femme. À proximité, il y a aussi une veste et un sac à main. Elle ouvre le sac et découvre un petit mot, écrit à la main et signé P.E. : J’ai peur d’être lâche. Je suis désolée pour tout. Si j’avais fait cela il y a longtemps, cela aurait épargné bien des souffrances.

Elle avait seulement 24 ans. 

La rumeur court que le lendemain, son oncle a reçu une lettre proposant à Peg le rôle principal dans une pièce de théâtre.

Les souliers de rubis

Vous vous souvenez des souliers de rubis, les chaussures rouges portées par Dorothy (Judy Garland) dans le film The Wizard of Oz (1939) de la MGM ? Ils lui confèrent le pouvoir de retourner dans sa ferme du Kansas quand elle le souhaite. Anecdote : j’en rêvais depuis que j’étais toute petite jusqu’à ce que j’en trouve une paire tout à fait similaire chez Zara au milieu des années 2000 !

Dans le film, Dorothy acquiert ces souliers après que sa maison s’effondre sur la Méchante Sorcière de l’Est, la tuant et libérant ainsi les Munchkins de sa tyrannie. Les souliers la protègent ensuite de la magie noire de la Méchante Sorcière de l’Ouest.

Dans le roman original de L. Frank Baum, les souliers sont argentés, mais leur couleur est modifiée pour le film afin de tirer parti des possibilités offertes par la technologie chromatique du procédé Technicolor, alors relativement nouveau et coûteux. Ils ont été conçus par le costumier oscarisé Gilbert Adrian et sont devenus l’une des paires de chaussures les plus célèbres au monde. Plusieurs paires ont été confectionnées pour le film, du 35 au 36 (Judy Garland chaussait du 35B en 1938). Cinq paires subsistent aujourd’hui : quatre paires quasiment identiques et une paire d’essai.

Deux paires d’essai ont été créées pour Judy Garland en 1938 : une paire ornée de perles, portée pendant le tournage sous la direction de Richard Thorpe (qui n’a pas été revue depuis 1939), et une paire à bout recourbé très travaillée, qui n’est pas présente dans le film.

Les quatre paires de chaussures utilisées à l’écran étaient à l’origine des escarpins en soie blanche achetés chez Innes Shoe Co. à Los Angeles. Toutes les paires authentiques portent soit un poinçon en relief doré ou argenté, soit une étiquette en tissu brodée sur la semelle de la chaussure droite. À l’époque, de nombreux studios utilisaient des chaussures en soie blanche, faciles à teindre, pour des raisons économiques et pratiques. On peut affirmer sans trop de risques que la plupart des chaussures portées par les personnages féminins dans le film étaient des escarpins Innes, à talons de différentes hauteurs, teints pour s’harmoniser avec les costumes (sorcières, habitants de la Cité d’Émeraude, etc.).

Les chaussures utilisées pour les souliers de Rubis étaient toutes teintes en rouge, et des empiècements d’organza bordeaux à paillettes étaient confectionnés pour la tige et le talon. Les paillettes devaient être d’un rouge très très foncé, en raison du procédé Technicolor récemment inventé. Des paillettes rouge vif auraient alors viré à l’orange à l’écran. Les nœuds, d’inspiration Art déco, sont composés de trois grands strass rectangulaires en verre rouge, de perles de verre rouge foncé et soulignés de strass en verre rouge orangé sertis d’argent. Trois paires de souliers ont une semelle intérieure en feutre orange collée pour réduire le bruit, et une paire n’en a pas.

Julie Garland portait l’une des paires principales pendant le tournage. On peut la voir dans le film lorsque la Méchante Sorcière de l’Ouest tente en vain d’enlever les souliers de ses pieds, et à la fin lorsque Dorothy tape ses talons pour rentrer chez elle.

Monsters Mummies Mayhem (Sous-sol)

C’est au sous-sol que sont conservés tous les objets et costumes liés aux films d’horreur. Le décor le plus impressionnant du musée s’y trouve également. : celui du film The Silence of the Lambs. La prison y a été entièrement recréée. Il est possible de traverser le bureau du gardien et le long couloir qui mène aux cellules d’Hannibal Lecter et de Miggs. La chaise de Clarice Starling est même installée afin que vous puissiez vous y asseoir et discuter avec le docteur Lecter. L’ambiance est particulièrement angoissante !

Si comme moi vous aimez les slashers des 80s, vous allez être servis. De Freddy Krueger (A Nightmare on Elm Street) à Michael Myers (Halloween) en passant par Jason Voorhees (Friday the 13th), ils sont tous là !

Iconic Rides: A Drive Through Time… (Exposition temporaire – Premier étage)

The Mystery Machine – Scooby-Doo (Warner Bros., 2002).
La Mystery Machine du film Scooby-Doo (2002) a été créée à partir d’une camionnette Chevrolet série G des années 1960-1970. Elle respecte ainsi le design emblématique hippie de la série animée tout en l’adaptant au monde réel.
It’s A Mad, Mad, Mad, Mad World (1963)

Fran Dresher: From TV Nanny to Union Boss (Exposition temporaire – Deuxième étage)

Deux fois nommée aux Emmy Awards et aux Golden Globes, et auteure de deux best-sellers du New York Times, Fran Drescher a accédé à la célébrité internationale grâce à son interprétation de Fran Fine, pendant six saisons, dans la série à succès des 90s diffusée sur M6, The Nanny (Une Nounou d’enfer), dont elle était la co-créatrice et la productrice exécutive. Cette expo arrive consécutivement à sa plus grande actualité de l’année, elle a enfin inauguré son étoile sur le Hollywood Walk of Fame, le 30 septembre dernier (après 50 ans de carrière !). Cette étoile se trouve d’ailleurs à 5 minutes à pied du Hollywood Museum, au 6623 Hollywood Blvd.

Sa détermination à vaincre le cancer l’a poussée à fonder l’association Cancer Schmancer, dont la mission est de changer la donne face au cancer en recentrant l’attention des Américains sur la prévention et le dépistage précoce plutôt que sur la recherche d’un remède, afin qu’aucun autre Américain ne perde la vie à cause d’un diagnostic erroné ou tardif.

En 2021, Fran Drescher est devenue présidente du SAG-AFTRA, le plus grand syndicat du divertissement du pays. Grâce à son approche unique de la négociation et à une brillante équipe, elle a mené le syndicat avec brio pendant une grève de cinq mois. Le SAG-AFTRA a ainsi obtenu un accord d’un milliard de dollars.


The Hollywood Museum
1660 Highland Ave.
Hollywood, CA 90028

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